“L’écologie doit se traduire dans les faits de nos concitoyens”

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Françoise Grossetête, député européen, UMP

Dimanche 7 juin, les résultats aux élections européennes sont favorables à l’UMP. La roue tourne après un mauvais score en 2004, Françoise Grossetête tête de liste pour la région Sud Est remporte 5 sièges en 2009. Interview au lendemain de son élection.

Quelle a été votre première réaction à l’annonce des résultats ?

Ma première réaction a été une très grande joie. J’escomptais bien mes quatre sièges les dernières semaines de la campagne donc d’avoir obtenu un 5e siège c’est un grand bonheur.

En ce qui concerne le vote écologiste c’est une très bonne chose que l’opinion publique se sensibilise à l’environnement mais il faut qu’aujourd’hui ça se traduise dans les faits, les comportements. Il faut que nos concitoyens s’engagent. Par rapport au résultat lui même, si le score provient d’une sensibilité, il est aussi le résultat des voix du PS et du Modem déçues. Ceux qui ont fait la campagne sur l’Europe, comme c’est notre cas ou celui des Verts, ont été entendus par les électeurs. Ceux qui se sont servis de ces élections pour sanctionner Nicolas Sarkozy et bien ça c’est retourné contre eux.

Je trouve ça plutôt intéressant, les électeurs ne se sont pas laissés bernés.

Et par rapport aux autres résultats ?

En ce qui concerne nos propres résultats, nous avons un vrai projet, avec des colistiers qui ont fait un travail formidable sur le terrain, un vrai travail de réseau s’est mis en place, ce que je n’avais pas en 2004. C’est vraiment le fruit d’un travail d’équipe qui a payé.

Comment allez-vous travailler avec les quatre autres députés européens de la région Sud Est ?

Tout va dépendre des choix de commissions qu’ils vont faire et dans lesquels ils vont devoir se spécialiser.  Pour ma part je conserve l’environnement, l’énergie et la santé alimentaire. Cela fait plus de 15 ans que je travaille sur ce thème. On va donc se répartir le travail à partir des sujets sur lesquels nous allons travailler mais aussi en fonction de la géographie de notre circonscription. Pour ma part en tant que tête de liste, je veux pouvoir me rendre disponible partout là où on me demandera. Mes autres collègues se répartiront aussi le territoire, et nous voulons aussi associer nos colistiers pour qu’ils continuent le travail là où ils sont.

Et maintenant que les élections sont passées ?

Je retourne à Bruxelles dès cette semaine. J’ai beaucoup de courrier de remerciements à faire partir. Hier (ndlr : lundi 8 juin) j’étais reçu avec les 28 autres députés européens par Nicolas Sarkozy à Paris. Aujourd’hui je suis à Bruxelles et vendredi j’ai une réunion avec le PPE (parti de droite européen) où je suis la représentante pour le groupe UMP.

Et puis la semaine prochaine je serai déjà dans des réunions de groupe avec les anciens députés qui siègent jusqu’à la mise en place du nouveau parlement le 7 juillet prochain. Il faudra aussi guider les nouveaux. Il faut bien deux ans pour faire son trou.

Quels sont les projets que vous allez défendre à Bruxelles ?

Tous les projets d’intérêts régionaux, nationaux et européens. Il y a tout d’abord la mise en place du paquet énergie climat qui sera abordé lors de la conférence de Copenhague sur le climat mais aussi la réforme de la PAC (Politique agricole commune). Le travail paie, la preuve avec le vin rosé, c’est une belle victoire.

Tout vous réussit en ce moment, est-ce que cette élection est de bon augure pour vos ambitions régionales ?

Je pense et ça donne le moral, un très bon moral pour nos troupes. Il faut continuer à rassembler énergie, travail, constance et surtout être vrai. Peillon a cru qu’il allait rafler la mise parce qu’il était connu. La mauvaise surprise c’est lui qu’il l’a eue et non pas moi comme il me la prédisait.

Françoise Grossetête : née le 17 mai 1946 à Lyon (Rhône). Mariée, 3 enfants. Diplômée de la Faculté de Droit de Lyon (Licence de Droit Public et Sciences Politiques). Certificat d’Etudes Supérieures du Droit Social et du Travail. 1983-2008 : élue conseillère municipale déléguée à l’environnement puis adjointe à la mairie de Saint-Etienne. 1989 : première femme élue à la tête d’un parc régional celui du Pilat. Elle en est la présidente pendant 19 ans. Elle a créé à la demande de l’Etat, le réseau de surveillance de la qualité de l’air de Saint-Etienne puis de la Loire. 1986-1998 : conseillère régionale Rhône-Alpes. Depuis 1994 : député européen. Brigue la tête de la région Rhône-Alpes en 2010.

 

Assez des effets d’annonce

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Le maire de Guilherand-Granges, secrétaire départemental de l’UMP Ardèche, Mathieu Darnaud, ne croit pas au contrat de site d’Olivier Dussopt, député maire PS d’Annonay. Il veut du pragmatisme et moins d’effets d’annonce.

Mathieu Darnaud, maire de Guilherand-Granges, secrétaire départemental de l’UMP Ardèche

Le député maire d’Annonay, Olivier Dussopt, (PS), propose un contrat de site pour le nord Ardèche pour pallier la crise économique, qu’en pensez-vous ?

C’est effectivement ce qu’il a demandé mais à ce jour, nous ne  voyons toujours rien venir. Pour avoir évoqué le sujet avec plusieurs maires du nord Ardèche, aucun n’a été sollicité pour nourrir cette réflexion et travaillé sur ce dossier. Il  me semble qu’un contrat de site ne soit pas forcément la seule réponse à l’ensemble du territoire nord ardéchois. En effet, un contrat de site est une procédure pour des bassins d’emplois qui reposent essentiellement sur un seul secteur industriel. Exemple : Romans et l’industrie de la chaussure. Sur ce type de territoire, un contrat de site est indispensable. Or, le nord Ardèche est riche de ses industries mais nos bassins d’emplois répondent à des problématiques différentes.

Quelles sont alors les solutions possibles pour sortir de cette crise ?

Je crois plus à de nouvelles dispositions telles que les contrats de transition professionnelle ou à tout autres dispositifs ad’hoc, spécifiques au nord Ardèche. Par exemple, entre 2002 et 2007, nous avions obtenus la mise en place d’un crédit d’impôt de taxe professionnelle pour les entreprises et un plan spécifique - le plan Arcelor. Ces mesures avaient permis de soutenir et consolider l’emploi sur le territoire.

Vous-même dans votre commune, vous avez des entreprises qui ferment ou qui vont mal, comment réagissez-vous en tant que maire ?

Guilherand-Granges n’a effectivement pas été épargnée avec la suppression de 108 emplois à la Bonneterie Cévenole. C’est toujours un coup dur. Mais il ne s’agit pas dans ces cas-là de rester les bras croisés mais plutôt de retrousser les manches. Même si ces suppressions ne sont pas liées directement à la crise, j’ai immédiatement interpellé le sous-préfet ainsi que le Secrétaire d’Etat en charge de l’Emploi, afin que les pouvoirs publics soient saisis de ce dossier. Et puis j’ai reçu à plusieurs reprises les représentants du personnel, pour voir par quels moyens la collectivité peut leur apporter leur aide, même si nos marges de manœuvre sont limitées.

Préférant le pragmatisme aux effets d’annonce, je souhaite désormais qu’avec les élus concernés de notre territoire nous puissions engager une démarche suivie auprès de Laurent Wauquiez afin que la situation de l’emploi en nord Ardèche fasse l’objet d’une attention toute particulière.

Quelles sont les marges de manœuvre pour une commune ou une communauté de communes ?

Comme je le disais déjà la semaine dernière, le risque, ce n’est pas d’oser. Le risque, c’est d’être tenté par l’immobilisme et l’habitude. Les collectivités locales sont un soutien indispensable à l’économie et à l’emploi, au travers de leur politique d’investissement. Ainsi, je souhaite contenir et réduire les charges de fonctionnement qui pèsent sur le budget communal pour générer le maximum d’investissement en direction des entreprises ardéchoises. L’investissement constitue pour moi la réponse la plus probante et le meilleur remède à la crise actuelle.

Parallèlement, la collectivité se doit être à l’écoute  des demandeurs d’emploi. C’est ce que j’ai fait à la mairie de Guilherand-Granges en mettant en place la cellule emploi, chargée de mettre en relation les offres et les demandes. En 9 mois, environ 60 personnes ont pu retrouver un emploi grâce à ce service !

Comment envisagez-vous l’avenir aujourd’hui ?

2008 a été compliquée. 2009 s’annonce délicate. Il est donc nécessaire de tout faire pour créer un choc de confiance. Les élus que nous sommes ont un rôle essentiel à jouer en essayant de tout mettre en œuvre pour créer les conditions les plus favorables qui permettront de rendre notre territoire le plus attractif et le plus compétitif. C’est pour cela qu’en tant que maire, je suis en contact permanent du monde économique que je m’attache à défendre, en favorisant l’implantation de nouvelles activités. Ainsi, Guilherand-Granges devrait en 2009 et en 2010 accueillir de nouveaux emplois et ce dans des secteurs d’activités divers.

Pensez-vous que le plan de relance proposez par Nicolas Sarkozy fera repartir l’économie ?

Je le crois dans la mesure où la France a prouvé qu’elle résistait beaucoup mieux que d’autres pays européens, comme l’Espagne qui a pourtant connu une forte croissance ces dernières années. On sait d’ores et déjà que ce plan de relance a permis de sauver des emplois, empêchant un dérapage qui aurait pu s’avérer dramatique pour notre économie. Les mesures annoncées par le président de la République dans le plan de relance sont, à mon sens, toutes de bonnes mesures, pragmatiques et de bon sens, qui peuvent effectivement avoir un impact positif sur notre économie car l’on injecte directement des fonds par l’investissement et la politique pour l’emploi. Toutefois, ce plan répond à une problématique nationale. C’est pourquoi je crois également à la nécessité d’adapter les solutions en fonction des besoins de nos territoires.

Quelles sont les mesures de ce plan que vous pouvez appliquer  concrètement ?

Plusieurs mesures, simples, nous concernent directement, nous, les maires. Je pense au soutien de l’Etat à l’investissement des collectivités locales. Je pense également aux simplifications des procédures d’urbanisme afin de permettre aux opérations de construction de démarrer rapidement.

Olivier Dussopt : “cela peut dégénérer”

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Olivier Dussopt, député maire PS d’Annonay

Il ne se passe pas une semaine depuis le mois d’octobre sans qu’une entreprise du nord-Ardèche licencie et soit placée en liquidation. Conséquence d’une crise qui n’épargne pas le département. En tant que parlementaire, Olivier Dussopt, député maire PS d’Annonay, en collaboration avec Pascal Terrasse, en appelle à l’Etat sinon il craint une “onde sociale” importante.

 Face à la succession de mauvaises nouvelles dans le secteur industriel en nord-Ardèche, en tant que parlementaire, quelles sont vos capacités d’action ?

A partir du moment où les politiques locales sont activées et les lignes de droit commun des collectivités actionnées, notre marge de manœuvre est limitée. C’est pourquoi Pascal Terrasse (député et président du conseil général de l’Ardèche) et moi-même en appelons à une action volontaire de l’Etat.

De quelle manière ?

Nous avons adressé un courrier à Laurent Wauquiez (secrétaire d’Etat en charge de l’Emploi) afin que l’Etat affirme sa solidarité et apporte son soutien au territoire nord-ardéchois.

Concrètement, qu’est ce que l’Etat peut faire ?

Nous avons demandé à Laurent Wauquiez qu’il était indispensable que l’Etat engage des négociations rapides avec les entreprises concernées afin de conclure une convention de cellule de reclassement interentreprises et de faciliter les mesures de départ volontaire en accordant aux employeurs et salariés le bénéfice de conventions d’allocation spéciale au titre du Fonds national pour l’Emploi. Ensuite, nous lui avons demandé d’inscrire notre territoire dans un dispositif de type Contrat de site ou Contrat territorial doté de moyens adaptés.

Qu’est ce que ce type de contrat apporterait aux nord-Ardéchois ?

Tout d’abord, il permettrait un dispositif de soutien aux entreprises et notamment à leurs investissements par des exonérations fiscales, un accès à des crédits à taux bonifié et un soutien spécifique aux projets éco-responsables. Ensuite, cela permettrait un dispositif d’accompagnement des salariés par la mise en œuvre de contrat de transition professionnelle et la facilitation de l’accès à la formation. En outre, un tel contrat faciliterait l’implication des collectivités locales et du secteur public dans les actions qu’elles mènent ou qu’elles vont mener. Enfin, cela devrait permettre la mise en place d’un programme d’actions à court, moyen et long termes avec l’appui de l’ensemble des acteurs économiques, au premier rang desquels, les chambres consulaires.

 Vous êtes optimistes quant à la conclusion de ce contrat de site ?

Oui car de par la proportion de l’industrie dans son activité économique et les difficultés que connaissent ses entreprises, le nord-Ardèche remplit les critères pour faire l’objet d’un contrat de site. Il ne règlera pas tout mais fera du bien s’il est complété de mesures complémentaires spécifiques.

Quelle suite voyez vous à cette crise ?

Après la crise financière et la crise économique, je crains que nous ne connaissions bientôt une onde sociale importante. Dans les trois premiers mois de 2009, certaines entreprises vont être en chômage partiel trois semaines sur quatre. Cela peut dégénérer.

En ce début d’année, serait-il possible de conclure sur une note optimiste ?

Ce n’est pas forcément simple au vu de la situation actuelle. Mais, il y a en nord-Ardèche des entreprises qui se portent bien comme Excelvision qui se développe, forme et emploie, ou Euronat qui est en pleine croissance depuis plusieurs années.

 

 

“On peut être jeune et de droite”

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Interview de Myriam Volle, nouvelle présidente des Jeunes populaires Ardèche depuis octobre 2008. Elle a 22 ans,  elle est étudiante en langues étrangères, 1ère adjointe au maire de Saint-Prix, déléguée au Sivom de Lamastre et encartée à l’UMP depuis 2002 . Lire la suite »

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