Pour Olivier Besancenot, porte-parole du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), on peut “être féministe, laïque et voilée” et d’ajouter “le voile c’est l’image de notre intégration dans les quartiers”. Des propos recueillis suite à l’acceptation de la candidature d’une femme voilée sur une de ses listes aux régionales en PACA.
Robert Redeker, philosophe, interrogé par un quotidien sur le port de la burqa quant à lui tenait ces propos : “qu’est qu’un être humain ? Réponse : un visage. Avant d’être raison, travail, désir, animal politique, animal travaillant, tout homme au sens générique du terme, est visage. (…) Nous ne regardons pas les autres humains comme nous regardons les animaux, les plantes, ls étoiles. Nous les regardons de telle sorte qu’un événement se produit : nous nous apparaissons les uns aux autres. (…) C’est par cette apparition réciproque que chaun et chacune s’insèrent dans l’humanité. Ainsi l’apparition réciproque opère-t-elle bien plus que le lien social : elle réalise le lien humain, autrement dit elle institue chacun et chacune en une personne. (…)
Le vêtement tempère la violence biologique du corps nu tout en fournissant un support utile à la subjectivité, certains disent l’âme pour se rendre visible (…). Paradoxalement, en empêchant cette visibilité, la burqa et tout voile intégral sont des anti vêtements. La burqa est un ensemble de négations : négation du sujet de l’âme, négation du corps, négation du visage : elle les interdit d’apparition. Qu’est ce qui apparait en effet quand surgit une personne en burqa ? Tout autre chose que le visage, le sujet, l’âme ou le corps : une forme informe, une silhouette vague et sombre comme venue des enfers. Mais surtout, la burqa fait plus que soutirer celles qui la portent au regard d’autrui : elle les retire de la réciprocité d’apparitions, ce fondement à l’existence humaine, la commune appartenance à l’humanité. Elle le retire de l’échange des visages. (…)
Cette prison (la burqa) ambulante, ce cachot portable, indique avant tout que la personne qui s’y trouve incarcérée n’est pas tout à fait un être humain comme les autres. Il faut voir dans la paralysie de la réciprocité le coeur du dispositif, l’élément déshumanisant décisif qui est entravée par une burqa voit sans être vue. En éliminant de la visibilité réciproque de la communication par les visages, les femmes à qui elle est infligée, la burqa les élimine ipso facto de l’humanité.”