“Aujourd’hui pour moi c’est la guerre…”

A l’heure où nous apprenons la mort de deux nouveaux soldats français en Afghanistan, ce qui porte leur nombre à 38, j’ai décidé de donner la parole à un ami réserviste en mission en là-bas et qui me confiait ses motivations avant de partir.

“J’ai trente-cinq ans, je suis en pleine forme, je n’ai aucune dette, l’entreprise que j’ai repris il y a une dizaine d’années est encore largement bénéficiaire. J’ai une famille et des amis à qui je tiens et pour qui je compte. Je pourrais être votre fils, votre frère, votre oncle, votre parrain, votre petit-fils, votre meilleur ami, votre voisin, votre époux ou même l’inconnu que vous avez croisé ce matin… Aujourd’hui j’ai choisi de partir combattre en Afghanistan. Cette décision a paru incompréhensible à bien des gens et la réaction la plus courante a été : “pourquoi t’es volontaire, cette guerre ne nous regarde pas. T’es con”.

Je suis volontaire parce que cette guerre effectivement ne nous regarde pas, pas plus qu’une autre guerre ne regardait Robert Smith, 22 ans, éleveur de “long horn” au Texas et qui est venu se faire déchiqueter sur une plage normande en juin 1944 afin de contribuer à libérer l’Europe du nazisme (Europe qu’il ne connaissait pas et guerre qui ne le regardait pas) mais nous lui sommes pourtant (ou devrions) lui être reconnaissant.

Oui je suis con, ou plutôt de capacité intellectuelle limitée, car si j’étais suffisamment intelligent, j’aurais sans doute trouver, sans quitter le confort douillet de mon bureau, un moyen d’étouffer ces germes de fanatisme imbécile et de fascisme aveugle (si si on peut dire ça d’un modèle social dans lequel on coupe les mains des enfants qui jouent au cerf volant et des jeunes filles qui se vernissent les ongles…) qui se multiplie à une vitesse effarante en Afghanistan et qui font des émuls en nombre croissant de par le monde.

Seulement n’étant pas suffisamment “câblé”, la seule chose que j’ai trouvé à mettre entre ceux que j’aime et les hordes “fanatico fascistes” et bien c’est moi.

Et si demain, je rentre prématurément enveloppé dans un de ces magnifiques sacs de plastique noir que le peuple français épris de justice et de liberté consent à accorder à ceux qui tombent pour la liberté et l’égalité, je voudrais juste que l’on respecte mon choix. Mais surtout je voudrais que cela n’influe pas sur la décision initiale qui a été prise de mener cette guerre. Car, si c’est nous qui menons cette guerre sur le terrain, c’est vous que j’aime (et les autres) qui la gagnerez depuis la métropole.

L’intolérant sait qu’il ne peut pas nous exterminer physiquement, il désire juste que les forces de la coalition se retirent afin de créer un hâvre de paix (pour lui) où son fanatico-fascisme pourra tranquillement atteindre une taille critique d’invicibilité (et à ce moment là le prix à payer en terme de vie humaine sera sans doute inabordable pour nous, nous vivrons donc sous ce joug)…

Si à chaque mort de soldat français, le pays (par le biais des médias) ne se montre pas fier du sacrifice de ses hommes et verse dans le misérabilisme voire même porte plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. Alors l’effet rechercher par l’intolérant sera obtenu et le pays ciblé étant un bon récepteur pour ce genre de stratégie, l’intolérant intensifiera  ses efforts sur la nation concernée.

En remettant en cause la présence française sur le sol afghan à la mort de l’un des nôtres, vous nous désignez comme cible préférentielle. Vous TUEZ NOS SOLDATS à coup de bonne conscience !

PS : aux “anti” de tout bord vous pouvez ne pas être d’accord avec moi, vous pouvez même penser que je suis un gros con. Et bien tant mieux, c’est pour que vous puissiez vivre dans un pays où la diversité d’opinion est possible que nous nous battons. Merci donc du crédit que vous apportez en étant d’un avis contraire. Dès que vous aurez deux minutes où vous ne serez plus contre quelque chose essayez de penser…”

                                                                                                                                                                                                                    Mardi 12 janvier 2010